Dans notre espace (le dernier et celui où Theo aura passé le plus de temps), on nous a surnommé l'espace "United Nations". 4 places dans l'espace qui, hasard, sont occupés par :
1/un BB franco-Nzais (Theo)
2/ un BB irakien (né en NZ de parents réfugiés, maman et papa qui parlent 3 mots d'anglais (elle a un papier avec écrit dessus les mots d'urgences en arabe/anglais et elle pointe quand elle a besoin, papa ne vient pas souvent), quand les Drs font leurs tournées, ils ne lui parlent pas car elle ne comprend pas assez. J'imagine l'angoisse et la frustration en plus quand la langue est un obstacle ! Quand quelque chose d'important doit être discuté, ils font appel à un interprète ou au beau-frère qui est le seul à parler/comprendre un peu correctement l'anglais. Quelquefois la maman vient avec sa mère, une femme couverte d'une Burka noire (la première fois elle m'a fait peur !) qui ne sait pas lire, donc inutile pour les infirmières de même essayer de pointer sur le papier le mot en anglais traduit en arabe. Dur, dur. Le BB était souvent seul...
3 et 4/ des jumeaux chinois (nés en NZ de parents chinois résident NZais). La maman Bao avait quelques mots en anglais mais la plupart du temps c'était sa fille (Bao a eu les jumeaux sur le tard) qui était là avec elle toute la journée et faisait office de traductrice. Je me rappelerais toujours cette conversation héroique de la part de l'infirmière sur "Bao doit arrêter de tirer son lait sinon elle n'en a pas assez pour nourrir les 2 petits". Bao de répondre "oui, oui" - mais de continuer (oui, oui voulant sûrement dire "je vous entends mais c'est pas pour ça que je comprends"...), l'infirmière de faire des grands gestes en croix "machine, non, non, stop". Bao "oui, oui". Et 5 minutes plus tard on entend le bruit de la machine en branle, l'infirmière qui accourt et débranche la machine... C'était drôle, ça a mis un peu d'ambiance pour la matinée... Y'a eu aussi l'histoire de la recette du riz cantonais. Entre une infirmière et Bao, elles on essayé longtemps de se donner des trucs et astuces, chacune de leur côté mais je ne crois pas qu'elles ait réussi à se comprendre du tout. En tout cas c'était drôle à écouter, ça donnait faim !

Le mieux était quand on avait aussi une infirmière pour la journée aussi étrangère, United Nations à fond !